L’appel au franciscanisme et la mission en Amazonie
« J’ai vraiment senti que le Seigneur m’appelait à être frère. J’ai vu un homme radical, dans la fraternité, dans la pauvreté et dans l’accomplissement total de l’Évangile, et j’ai dit oui au Seigneur. Je n’ai pas eu peur. J’ai commencé le chemin pour devenir frère et, après quelques années, un autre jeune frère et moi avons été envoyés en Amazonie. J’y ai passé vingt ans de ma vie. »
Les défis de la nature et la découverte des 72 villages
« Ce que les jeunes demandent d’habitude, ce sont les aventures : les dangers de mort ont été innombrables. Là-bas, il n’y a que de l’eau, pas de routes, pas de motos, pas de voitures ; une réalité vraiment difficile, marquée par les pièges de la nature. J’ai même fait naufrage, mais le Seigneur m’a sauvé in extremis ! Et puis des crocodiles, des serpents qui vous passent sur les pieds, des tarentules…
Il y aurait tant de choses à raconter, mais la plus belle est celle-ci : après trois ans, avec deux autres jeunes confrères, nous avons découvert que depuis notre modeste paroisse — un village indigène sans électricité ni téléphone, dans une précarité extrême (j’avais déjà perdu 10 kilos, contracté le paludisme, etc.) — nous pouvions atteindre 72 autres villages. Des lieux accessibles uniquement en pirogue, certains situés à plus d’une journée de navigation.
Nous nous sommes regardés et nous sommes dit : «Si nous continuons à ce rythme, nous allons mourir, on nous retrouvera au cimetière ! Qu’aurait fait Jésus ? Qu’a-t-il fait, en réalité?».
Jésus a d’abord appelé les douze apôtres, puis, voyant que la mission était immense, il en a envoyé 72 autres, qui n’étaient pas des prêtres, mais des familles, des jeunes, des hommes et des femmes. »
L’implication des Indiens Ticuna et la naissance d’une Église vivante
« Nous avons fait de même avec les indigènes, les Indiens Ticuna, un peuple extraordinairement généreux. Après trois ans, lorsque nous avons commencé à comprendre et à parler leur langue, nous les avons également invités à devenir missionnaires.
La réponse de ce peuple humble a été incroyable : aujourd’hui, il y a des catéchistes capables de rassembler des centaines et des milliers d’enfants dans tous les villages, et de très nombreux jeunes qui, avec disponibilité, générosité et une immense confiance dans l’Esprit Saint, sont devenus de grands missionnaires.
Il faut rappeler que dans ce contexte, beaucoup de jeunes deviennent parents dès l’âge de 15 ans et qu’à 25 ans, ils ont souvent 6, 7 ou 8 enfants.
Pourtant, nous avons aujourd’hui une Église indigène vivante, fondée précisément sur la générosité de ces jeunes qui savent dire leur « oui » au Seigneur. »
Fin de la troisième partie
Photo de frère Paolo Maria Braghini

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