Un défi silencieux entre pauvreté et absence de soutien
D’ordinaire, nous, dans le monde occidental, sommes habitués à entendre parler d’enfants abandonnés, d’enfants des rues, mais personne ne parle du nombre de personnes âgées vivant dans la rue sans aucune assistance, contraintes de mendier pour manger.
La population âgée du Bangladesh augmente rapidement grâce à l’allongement de l’espérance de vie, mais elle doit faire face à de graves défis économiques, sociaux et sanitaires.
Actuellement, environ 16,5 millions de personnes (10 % de la population) ont 60 ans ou plus ; selon les prévisions, ce chiffre atteindra 40 millions d’ici 2050.
La vie des personnes âgées au Bangladesh est très difficile, car elles ne reçoivent aucun soutien de la part du gouvernement.
Au quotidien, de nombreux aînés peinent à se procurer la nourriture et les médicaments nécessaires à leurs soins.
Certaines personnes âgées sont contraintes de mendier dans la rue pour survivre et acheter de quoi manger ; on peut les rencontrer près des marchés, des supermarchés, des gares et des mosquées.
L’engagement à Satkhira entre soins médicaux et proximité
Pour ces raisons, au sein de l’Association Niroshon, nous avons lancé un programme dédié aux personnes âgées dans les circonscriptions (wards) numéro 4 et 5 de Satkhira.
On peut affirmer que les personnes âgées constituent une catégorie vulnérable au Bangladesh.
L’Association Niroshon a mené cette réflexion avant d’entreprendre ce cheminement aux côtés des aînés.
À bien y penser, le début et la fin de la vie sont deux périodes où les êtres humains doivent être accompagnés et nécessitent des soins et des attentions.
C’est à partir de cette idée que nous avons lancé le projet à Satkhira. Nous assistons et accompagnons trente personnes en leur fournissant chaque mois des médicaments, ainsi que des consultations médicales, de la kinésithérapie et des moments de convivialité.
Rencontres et témoignages d’espérance
Il y a une semaine, je me trouvais à Satkhira et j’ai rendu visite à quelques personnes âgées. J’ai rencontré un enseignant qui a exercé pendant 38 ans dans l’école de la mission et qui se souvenait de tous nos élèves chrétiens en les appelant par leur prénom.
J’ai été positivement touché par sa sérénité et son désir de continuer à vivre.
Durant nos visites, le président du sous-comité nous a également accompagnés ; âgé lui aussi, il souffre d’importants tremblements. Au début, il ne parvenait ni à quitter sa maison ni à sortir du lit. Grâce à notre soutien, il mène désormais une vie normale, avec beaucoup d’énergie et d’enthousiasme.
Ce sont de petits miracles, mais ils redonnent espérance à ces aînés qui ont encore tant à enseigner et à transmettre.
Photo du père Giovanni Gargano

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