Interview de Destin Byandike, correspondant de spazio + spadoni en RDC, auprès de Giacomo et Marguerite, deux volontaires italiens qui ont choisi de se marier à Bukavu.
1. Pouvez-vous vous présenter brièvement ? Votre parcours, votre travail ?
Nous sommes deux Italiens originaires de Gênes, dans le nord de l’Italie. Je travaille dans la communication sociale et Marguerite travaille pour Caritas Gênes et dans le domaine de la psychologie. Depuis 2018, nous retournons chaque année au Congo, en particulier à Bukavu et Goma.
Nous collaborons avec les Sœurs Franciscaines de Notre-Dame du Mont pour développer plusieurs écoles. Nous organisons une colonie de vacances dans le port de Bukavu avec nos amis italiens. Nous partageons également certains projets avec Caritas Développement Bukavu. Nous côtoyons les Pères Xavériens et d’autres communautés pour mieux comprendre la situation du peuple du Kivu.
2. Pourquoi avez-vous choisi de célébrer votre mariage à Panzi, à Bukavu, et non en Italie ?
Pour partager ce moment de joie là où notre histoire de couple s’est construite, année après année. Pour encourager nos amis congolais en cette période de souffrance. Pour confirmer notre choix : que ce peuple, ces communautés soient notre famille pour toute la vie.
3. Quelle motivation vous a poussés à faire ce choix malgré le contexte d’insécurité ?
Nous faisons confiance à nos amies religieuses et à nos collègues de Caritas. À chaque fois, ils nous aident à évaluer les risques et les conditions nécessaires pour entreprendre le voyage. Mais nous pensons aussi que la sécurité grandit si l’on ne cède pas à la peur. Être présents et suivre personnellement la situation peut encourager les responsables à mieux agir.
4. Quelles sont vos impressions sur la mobilisation de la communauté paroissiale qui a animé cette célébration ?
Ce fut très émouvant pour nous de voir la célébration et la fête animées par tant de groupes et de communautés que nous avons appris à connaître au fil des années. Nous aimons la dimension populaire de Panzi et la vitalité de la paroisse : les jeunes missionnaires, la chorale, les Pères, mais aussi l’équipe de Briquette du Kivu, les femmes artisanes de Bagira, le groupe de la Caritas, les enfants de Keredi, les élèves du Camp Jules Moke, l’équipe d’Ekabana… et tant d’autres encore. Tous nous ont accompagnés avec une énergie incroyable.
5. Quel message souhaiteriez-vous adresser au monde au sujet de la population de Bukavu que vous côtoyez actuellement ?
Nous reprenons quelques mots de l’introduction que nous avons lue au début du mariage :
« C’est vous qui nous avez toujours accueillis tels que nous sommes. C’est vous qui nous avez donné de la joie, du courage et de l’espoir, malgré tout. C’est vous qui nous avez tant appris sur la vie et sur la mort. C’est vous qui nous avez aidés à comprendre, peu à peu, l’histoire, la culture, les souffrances et les désirs de ce peuple. C’est vous qui nous avez permis de comprendre les injustices du système dans lequel nous sommes nés et avons grandi. Vous proposez des idées et des projets solides pour la dignité des plus pauvres et pour la justice sociale. Vous nous faites sentir chez nous, en famille ».
Vous êtes forts, résilients et créatifs, malgré tout. Merci de nous avoir appris tout cela.
Photo de Giacomo D’Alessandro et Margherita Goretti

République démocratique du Congo

