Tous Les Saints – Lectures : Ap 7,2-4.9-14 ; 1 Jn 3,1-3 ; Mt 5,1-12

26 octobre 2026

matteo

Les Saints, comblés par l’Amour de Dieu

La Fête d’aujourd’hui est une invitation à la réflexion sur l’appel commun à la sainteté (« qadoshà »), concept hébreu qui signifie être séparé, mis à part pour Dieu. Mais ôtons-nous immédiatement de l’esprit que la sainteté soit la récompense des efforts humains, d’une obéissance volontariste à des préceptes et des normes, d’une adhésion légaliste à des modes de vie héroïques. La sainteté est un don de Dieu : la sainteté, c’est se remplir de Dieu, c’est être envahi par lui. C’est se laisser combler par son amour, pour en déborder joyeusement vers nos frères. « L’Église est sainte, car le Dieu très saint est son auteur ; le Christ s’est livré pour elle, pour la sanctifier et la rendre sanctifiante ; l’Esprit Saint la vivifie par la charité… La sainteté est la vocation de chacun de ses membres et le but de toute son activité… La sainteté de l’Église est la source de la sanctification de ses fils, qui, sur la terre, se reconnaissent tous pécheurs, ayant toujours besoin de conversion et de purification » (Catéchisme de l’Église Catholique – Compendium, n° 165).

Benoît XVI, lors de la Veillée des Journées Mondiales de la Jeunesse à Cologne, a affirmé que ceux que nous appelons « saints » ne sont autres que des hommes et des femmes qui se sont laissé « atteindre par la lumière du Christ », qui par conséquent « nous indiquent le chemin pour devenir heureux », opérant ainsi « la vraie révolution, le changement décisif du monde » : « C’est la grande foule des saints – connus ou inconnus – par lesquels le Seigneur, tout au long de l’histoire, a ouvert l’Évangile devant nous et en a tourné les pages ; et c’est ce qu’il fait aujourd’hui encore. Dans leur vie, comme dans un grand livre illustré, se révèle la richesse de l’Évangile. Ils sont le sillage lumineux de Dieu qu’il a lui-même tracé et qu’il trace encore à travers l’histoire. Mon vénéré prédécesseur le Pape Jean-Paul II a béatifié et canonisé une grande foule de personnes d’époques lointaines et proches… Les bienheureux et les saints ont été des personnes qui n’ont pas cherché obstinément leur propre bonheur, mais ont simplement voulu se donner, parce qu’elles ont été atteintes par la lumière du Christ. Ils nous indiquent ainsi la route pour devenir heureux, ils nous montrent comment on parvient à être des personnes véritablement humaines. Dans les péripéties de l’histoire, ce sont eux les véritables réformateurs qui, tant de fois, l’ont relevée des vallées obscures dans lesquelles elle est toujours à nouveau en danger de sombrer… C’est seulement des saints, c’est seulement de Dieu que vient la vraie révolution, le changement décisif du monde… La vraie révolution consiste uniquement à se tourner sans réserve vers Dieu qui est la mesure de ce qui est juste et en même temps l’amour éternel. Et que pourrait-il jamais nous sauver, sinon l’amour ? ».

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L’Évangile d’aujourd’hui (Mt 5,1-12) souligne cette dynamique : c’est Dieu qui nous remplit de son amour, nous introduisant ainsi dans la joie de son Royaume : sont définis par Jésus comme « bienheureux », c’est-à-dire comblés de l’amour divin (« makàrios » dérive de « makàr », terme antique désignant la félicité divine), les pauvres, les affligés, les doux, ceux qui ont faim et soif de justice, les miséricordieux, les cœurs purs, les artisans de paix, les persécutés pour la justice. Pour être saints, c’est-à-dire remplis de l’amour de Dieu, il faut donc se ranger du côté des préférés du Seigneur : les derniers, les marginalisés, les opprimés. Ce sont en effet ceux-là que Dieu « met à part pour lui » : ceux qui, privés de toute richesse et de tout pouvoir sur la terre, ont confié leur « salut à notre Dieu assis sur le trône et à l’Agneau » (première Lecture : Ap 7,10). C’est à eux que Dieu promet son Royaume et tout bonheur. La sainteté n’est donc pas seulement une attitude intérieure, mais un choix de camp précis : le choix des pauvres, auxquels le Christ confie la tâche de nous admettre en Paradis : « Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, quand il viendra à manquer, ils vous accueillent dans les demeures éternelles » (Lc 16,9).

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