Dans un monde de plus en plus dominé par l’orgueil, les familles ont pour mission d’apprendre aux enfants à pardonner et à demander pardon.
(par le père Bruno Ferrero)
Aujourd’hui, il existe une difficulté évidente et répandue à demander pardon.
Le concept de pardon est largement méconnu. L’une des raisons pour lesquelles de nombreux adultes éprouvent des difficultés à s’exprimer avec le langage du pardon réside dans le fait qu’ils n’ont jamais appris ce vocabulaire durant leur enfance. Voici les étapes pour y parvenir.
Jubilé, une année pour pardonner et être pardonné
Pour l’Église catholique, le Jubilé est l’année de la rémission des péchés, de la réconciliation, de la conversion et de la pénitence sacramentelle. On l’appelle aussi l’Année Sainte.
Cela peut être une magnifique année à vivre en famille pour apprendre.
L’art du pardon doit être appris dès l’enfance. Un enfant peut apprendre à demander pardon dès son plus jeune âge, et sa compréhension de l’importance du pardon demandé et accordé doit grandir avec lui.
Il pose ainsi les bases de son épanouissement moral et relationnel futur. Les parents doivent accompagner les enfants à travers une série d’étapes simples mais décisives.
Assumer ses responsabilités
La première étape pour apprendre à nos enfants à demander pardon consiste à les amener à assumer la responsabilité de leur comportement. Ce cheminement peut commencer très tôt et dans des contextes moralement neutres. Prendre la responsabilité de ses paroles et de ses actes constitue le premier pas pour apprendre à s’excuser.
En règle générale, les enfants assument volontiers la responsabilité de leurs actes positifs. «J’ai mangé trois bouchées d’épinards. Est-ce que je peux avoir le dessert maintenant?». «Je suis le plus rapide à la course». «J’ai dessiné une belle voiture pendant le cours d’art». Ce sont toutes des affirmations de responsabilité pour des actions positives.
En revanche, les enfants ne sont pas aussi prompts à assumer la responsabilité d’actes moins glorieux. À quand remonte la dernière fois où vous avez entendu un enfant de trois ans admettre: «J’ai mangé le gâteau que maman avait dit de ne pas toucher» ou: «J’ai poussé Nicolino»? Assumer ses actes à ce niveau exige un effort d’attention considérable de la part des parents, qui doivent corriger patiemment les phrases du type «Ça s’est cassé!» en phrases commençant par “je”: «C’est moi qui l’ai cassé!».
Des actions qui influencent les autres
La deuxième étape pour apprendre aux enfants à demander pardon consiste à les aider à comprendre que leurs actes ont toujours un impact sur les autres. «Si tu aides maman à mettre la table, maman est heureuse. Si tu joues au ballon dans la maison et que tu casses la lampe, maman est triste. Si tu dis à ta petite sœur: «Je t’aime», elle se sent aimée; si tu lui dis: «Je te déteste», elle se sent blessée. Tes paroles et tes actions aident ou blessent les autres. Quand tu aides quelqu’un, tu te sens bien; quand tu blesses quelqu’un, tu te sens mal».
Les êtres humains sont fragiles et vulnérables. Chacun porte une étiquette mentionnant: «Traiter avec soin, manipuler avec précaution, marchandise délicate».
Dans la vie il y a des règles
La troisième étape pour apprendre aux enfants à demander pardon consiste à leur faire comprendre que la vie comporte toujours des règles. La plus importante demeure la règle d’or enseignée par Jésus: traite les autres comme tu aimerais être traité.
Il existe cependant bien d’autres règles destinées à favoriser le bien-vivre ensemble. «On ne joue pas au ballon dans la maison» est une règle posée par de nombreux parents pour des motifs évidents. «Nous ne devons rien prendre qui ne nous appartienne. Nous ne devons pas dire de mensonges sur les autres. Nous ne devons pas traverser la rue sans nous être assurés qu’aucun véhicule ne vienne d’un côté ou de l’autre. Nous devons dire “merci” quand quelqu’un nous offre quelque chose ou dit du bien de nous. Nous devons aller à l’école tous les jours ouvrables, sauf si nous sommes malades ou s’il y a un problème grave».
Il est nécessaire de demander pardon
La quatrième étape consiste à faire comprendre aux enfants qu’il est indispensable de demander pardon pour préserver de bonnes relations humaines. Lorsque je blesse autrui par mes paroles ou mon comportement, je dresse un mur entre cette personne et moi. Si je n’apprends pas à formuler des excuses, ce mur subsiste et le lien s’abîme. Les paroles blessantes et les affronts éloignent les personnes et, en l’absence d’excuses, cette distance ne fera que s’accroître. L’enfant, l’adolescent ou l’adulte qui n’assimile pas cette réalité finira par se retrouver seul et isolé.
Le jeu des cinq marches
Tout cela peut être résumé en une échelle de cinq marches, comparable à un jeu pour les plus jeunes:
- Exprimer son regret: «Je suis désolé»;
- Assumer ses responsabilités: «J’ai eu tort»;
- Chercher à réparer: «Que puis-je faire pour réparer?»;
- S’engager sincèrement pour l’avenir: «J’essaierai de ne plus le refaire»;
- Demander pardon: «Peux-tu me pardonner?».
L’objectif est d’aider les enfants à acquérir un véritable esprit de pardon. Cette compétence doit se développer au fil des années, à l’image de l’apprentissage d’une langue.
Quoi qu’il en soit, le moyen le plus efficace d’apprendre aux enfants plus âgés à manier le langage du pardon reste l’exemplarité. Lorsque les parents présentent leurs excuses à leurs enfants après des paroles dures ou une attitude injuste, ils leur offrent la plus belle des leçons. Les petits enfants font ce que disent leurs parents; les plus grands imitent ce que font leurs parents. Si les parents apprennent à s’excuser mutuellement, envers leurs enfants et envers autrui, leurs enfants apprendront à leur tour à parler les langages du pardon.
Photo de Alexander Dummer (Pexels)
Source: Vivere, Rivista Sacro Cuore, janvier 2025, pp. 20 – 21
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2 February 2026