À travers les yeux de l’art : Avertir les pécheurs

25 août 2024

L’Œuvre de miséricorde spirituelle «avertir les pécheurs» à travers quelques chefs-d’œuvre

Domenico Fetti (1589-1623), peintre italien du premier baroque, réalise en 1619 cette œuvre conservée au Metropolitan Museum, consacrée à «avertir les pécheurs» selon ce qui est rapporté dans l’Évangile.

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La correction fraternelle exige un équilibre humain, un travail sur soi empreint d’un profond sens de la foi et de la miséricorde. Le pape François, dans une homélie à Sainte-Marthe au sujet de la correction fraternelle, affirme : si tu n’es pas capable de la faire avec amour, avec charité dans la vérité et avec humilité, tu commettras une offense… comme le dit Jésus : «Hypocrite, retire d’abord la poutre de ton œil» ; reconnais que tu es plus pécheur que l’autre, mais que toi, en tant que frère, tu dois aider à corriger l’autre !

La correction doit souvent être exercée avec fermeté et résolution par quiconque détient une autorité particulière, comme celle démontrée par Jésus lorsqu’il a chassé les marchands du Temple avec grande véhémence, rétablissant le caractère sacré du lieu et réaffirmant la priorité de la volonté de Dieu.

Dans le tableau de 1872 de C. H. Bloch, au milieu du grand tumulte d’un marché, parmi des vendeurs aux vêtements colorés, étonnés mais non rebelles, Jésus lève le bras pour avertir sans frapper personne, mais indique la sortie et renverse les étals. Le Maître auprès duquel apprendre à résoudre chaque situation de la vie, même la plus redoutable, est Jésus, auprès de qui tant de grands saints se sont formés. L’Évangile regorge d’épisodes évoquant le péché et les pécheurs.

Jésus dit : «Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales, mais malheur à celui par qui ils arrivent… Si vous ne vous convertissez et si vous ne devenez comme les petits enfants, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux». Il avertit et montre le chemin de la conversion.

Domenico Piola, dans ce tableau du XVIIe siècle conservé au Palais Spinola à Gênes, place au centre de la scène le Maître assis au milieu d’un groupe d’auditeurs ; il montre un enfant aux personnes présentes qui, gesticulant visiblement, l’entourent et demeurent attentives à ses enseignements.

Les visages des personnages sont habilement étudiés, depuis celui de l’enfant qui exprime une sérénité et une grande innocence jusqu’à ceux des adultes, afin de rendre au mieux les réactions psychologiques suscitées par ces paroles et appelées à susciter la réflexion de tous.

Magnifiques sont certaines paraboles où son comportement envers quiconque a manifestement commis une faute a toujours été un avertissement aimant. L’un des plus beaux épisodes rapportés par les évangélistes, où nous pouvons apprendre à agir avec miséricorde, est assurément la rencontre de Jésus avec une pécheresse et ses accusateurs.

Pieter Van Lint, peintre anversois du XVIIe siècle, a représenté à la lettre le passage de l’Évangile selon saint Jean où Jésus, dans le temple, se penche pour écrire par terre pendant qu’une femme adultère est sur le point d’être condamnée à mort. Les assistants portent des habits éclatants témoignant d’un rang social élevé, tandis que la femme, s’abritant derrière lui, pleure en plaçant son espoir dans ses paroles, alors que jeunes et anciens se concertent et quittent peu à peu les lieux.

Mais l’artiste qui a su exprimer la douceur de cet événement est assurément Caliari, dit Véronèse (1528-1588). Dans son œuvre conservée à la National Gallery de Londres, le spectateur est captivé par deux pôles : le Christ imposant qui s’approche de la femme avec douceur, et la pécheresse qui, désormais à terre et soutenue par ses compagnes, attend le verdict. L’auteur saisit précisément l’instant où Jésus demande : «Personne ne t’a condamnée ?… Moi non plus, je ne te condamne pas ; va, et désormais ne pèche plus».

La lumière et les tons pastel, s’associant harmonieusement, créent de riches nuances chromatiques, devenant des acteurs essentiels qui magnifient la portée même de l’épisode. Chaque personnage se distingue par sa posture, son expression et les sentiments manifestés, où s’exalte la beauté de la miséricorde divine, incarnée dans le visage infiniment doux du Christ et dans le geste de ses mains tournées vers son cœur et son pardon.

Photo de Wikipedia

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